Le Roaming dans l’Internet des Objets ( IOT), c’est-à-dire cette capacité de permettre à un capteur IOT de transmettre des données sur un autre réseau que celui sur lequel il a été activé, et notamment à l’étranger, est vu aujourd’hui comme un frein au déploiement de certains projets IOT Internationaux.
Parmi les réseaux publics IOT, seul le M2M (Machine-To-Machine – 3G, 4G) offre le roaming. C’est une des raisons de son succès. Une couverture quasi mondiale.

Mais dans le domaine des réseaux bas débit, basse consommation énergétique (les fameux réseaux LPWAN – Low Power Wide Area Network), l’histoire est totalement différente.

SigFox offre, par nature, « le roaming », puisque c’est en fait un seul et même réseau déployé dans de nombreux pays. Le problème est que SigFox est loin d’avoir une couverture mondiale. Une relativement bonne couverture en Europe de l’Ouest, en Amérique du Sud et en Australie, mais une absence de couverture plusieurs pays de l’Europe de l’Est, une absence totale en Russie et dans la plupart des pays Asiatique, de même qu’en Afrique.
LoRaWAN, la technologie de réseau LPWAN la plus répandue dans le monde, n’offre pas aujourd’hui de roaming. L’alliance LoRaWAN a publié une spécification sur le Roaming, mais les choses avancent lentement sur le terrain. Les raisons derrière cette lenteur?

  • Problématiques techniques. On constate que les tests de roaming impliquent les opérateurs, mais également le fournisseur des couches réseaux derrière LoRa – notamment Actility -. Une spécification récente, et donc la nécessité de tester que toutes les implémentations de celle-ci sont correctes et compatibles avec des produits concurrents.
  • Problématique commerciale. Les revenus par device d’une connectivité LoRaWAN sont faibles. C’est un marché de volume, avec des revenus faibles par device. Cela signifie donc que les opérateurs doivent se partager des micro-revenus, dans tous les pays où un capteur IOT sera potentiellement utilisé, avec des prix locaux qui peuvent variés également…
  • Un problème de motivation ? Les opérateurs mobiles traditionnels vont tous mettre à jour leur réseau 4G pour supporter NB-IOT (Narrow Band IOT), un réseau LPWAN alternatif. Si NB-IOT ne fournira pas les mêmes bénéfices, notamment au niveau de l’autonomie des batteries, déployer ce réseau, pour un opérateur 4G, signifie juste une mise à jour (principalement logicielle) de leur réseau actuel. Pas de nouvelles antennes, pas de nouvelles stations de base. Bien sûr, les Opérateurs Télécom NB-IOT devront également négocier et mettre en oeuvre le roaming NB-IOT, mais ce sera sans doute plus simple, car il se fera dans la continuité du roaming 3G-4G.
  • Le besoin réel ? Tous les projets IOT ne nécessitent pas de roaming. Par exemple, dans le smart metering ou le smart building, par définition, les capteurs ne se déplacement pas. Ils restent liés à une localisation fixe. Dans ces projets à portée locale, voire nationale, le besoin de roaming est inexistant.

Dans quels cas a-t-on besoin de Roaming LPWAN ?

IOT-roaming-LORAWAN

Si de nombreux déploiements LoRaWAN peuvent se contenter d’une couverture locale, ou nationale, il existe néanmoins plusieurs cas où un roaming est hautement souhaité, voire indispensable. Quelques exemples:

  • Equipement de matériel roulant (logistique) ou de machines destinés à être déplacés à l’International (colis, containers…).
  • Mise en oeuvre de l’IOT pour luter contre le vol. Une couverture locale ne donne pas de possibilité de tracer l’objet connecté dès qu’il sort des frontières ou de la zone de couverture d’un réseau LoRaWAN local
  • Déploiement d’IOT par une multi-nationale, ou par une société active à l’International. Signer des contrats de connectivité dans tous les pays où l’on est actif, avec des opérateurs locaux. Intégrer les plateformes LoRaWAN de chaque opérateur (LoRAWAN n’est pas un protocol IP, il faut donc développer une passerelle entre chaque opérateur et sa propre plateforme IOT ou solution logicielle). Un contrainte logistique et technique potentiellement importante.
  • Déploiement d’une offre produit, basé sur des capteurs LoRaWAN, internationale.

Alternatives au Roaming LoRaWAN

Si le Roaming LoRaWAN n’est pas proposé par les opérateurs telecom nationaux, ce sera sans doute une belle opportunité pour le développement d’une offre de type MVNO (Mobile Virtual Network Operator), à savoir des opérateurs virtuels qui consolideront des offres d’opérateurs LoRaWAN locaux, pour proposer une offre globale, une facture et une interface unique, basée sur des réseaux d’opérateurs locaux… Ils existent déjà pour le M2M. Ils vont certainement étendre leurs offres à l’IOT… Si ces offres de MVNO IOT ne permettent pas un réel Roaming (à savoir qu’un device ne pourra pas communiqué sur un autre réseau), elles offriront au minimum la gestion d’une seule relation commerciale, et une intégration technique unique.

Par ailleurs, une des caractéristiques des réseaux LoRaWAN, c’est l’absence de licence de déploiement. Toute entreprise, tout particulier, peut déployer son propre réseau LoRa privé. Une multinationale ayant besoin de connecter ses machines ou ses équipements en LoRa, peut donc déployer ses propres stations de base LoRaWAN, créer et opérer son propre réseau. Réseau international. Et donc proposer une connectivité unique pour ses propres besoins !

Etat de lieux du Roaming LPWAN

Comme expliqué plus haut, SigFox offre un “roaming naturel”. Pour NB-IOT, technologie que les opérateurs traditionnels 3G – 4G (opérateurs avec licence…) vont supporter, on en est au stade du déploiement et des tests techniques. Les premières offrent commerciales vont apparaître. Le Roaming n’est donc pas encore la priorité.

Clairement, le Roaming et la Couverture Globale seront probablement un des principaux avantages que les Opérateurs NB-IOT mettront en avant, pour se différencier des autres réseaux LPWAN (LoRaWAN, SigFox , RPMA…).

  • Orange et KPN. En février 2018, lors du Mobile World Congress, l’Alliance LoRaWAN a annoncé que Orange et KPN avaient démarré des tests de roaming, en partenariat avec Activity (fournisseur du LoRaWAN network server utilisé par les 2 opérateurs français et hollandais)
  • Un an plus tôt (février 2017), Proximus avait également annoncé des tests de roaming avec Objenious, la filiale IOT du français Bouygues Telecom.
  • Toujours en 2017, Objenious (Bouygues Telecom) réalisait des tests de Roaming LoRaWAN avec l’opérateur public russe LoRaWAN LARTECH.

Mais à l’heure actuelle, on ne peut pas dire que des offres commerciales de Roaming LoRa soient disponibles. En tout cas aucune offre permettant une couverture sérieuse, Européenne, ou international. L’avenir dira si le Roaming LORAWAN verra le jour, où si le roaming sera focalisé sur NB-IOT, laissant l’offre LORAWAN publique limitée à des déploiements nationaux, et ouvrant la voix à une multitude de réseaux LoRaWAN privés…

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